Parlons bouquin : Réparer les vivants

Résultat d’images pour réparer les vivantsTitre : Réparer les vivants

Auteur : Maylis de Kerangal

Genre : Contemporain

Nationalité : Française

Nombre de page : 300

Année de sortie : 2014

       Réparer les vivants est l’histoire d’une greffe. Une journée de 24 heures : de l’accident de voiture qui cause la mort de Simon , 19 ans, à la transplantation de ces organes. 24 heures synonymes d’une terrible douleur pour certains et d’un indicible espoir pour d’autres.

       C’est un roman qui a été acclamé par la critique et n’a reçu pas moins de 10 prix littéraires. Autant dire qu’avec un tel succès et un sujet aussi poignant je m’attendais à sortir les mouchoirs…. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas. En réalité je l’ai abandonné (ce qui m’arrive très rarement) après avoir péniblement lu les 200 premières pages.

       Il y a deux choses qui m’ont principalement déplus dans ce roman et qui sont au final liées. La première c’est tout simplement les choix de narration et les points de vue utilisés. A chaque chapitre l’auteur change de point de vue, ce qui en soi est une super idée et nous permet à la fois de voir la réaction des proches de Simon (ses parents et sa copine) et le quotidien du personnel hospitalier (médecins et infirmiers). Sauf que voila, ça ne marche pas. Je n’ai pas été touchée une seule seconde par la douleur des parents, par leur incompréhension puis leur colère… Réparer les vivants : PhotoPour ce qui est des hospitaliers, malgré quelques détails médicaux et juridiques intéressants, leur point de vue ne m’a pas intéressée et les passages les concernant été encore en dessous du reste du roman. La médaille revient à l’infirmière qui n’a pas beaucoup de contact avec Simon mais se retrouve quand même à nous raconter ses histoires de fesse. Clairement, je m’interroge encore sur l’intérêt de ce personnage…

     Sur la quatrième on peut lire un extrait du livre : « Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. ». Je m’attendais donc à un roman sur ce processus de passage d’un corps à l’autre, sur les vécus des donneurs et des receveurs. Le résultat est que j’ai été déçue de ne pas entendre parler des receveurs, et pour cause : dans les 200 premières pages l’opération de prélèvement n’avait toujours pas eu lieu. En feuilletant les dernières pages  j’ai pu voir que ce point de vue finit par arriver mais c’est vraiment dommage qu’il commence si tard dans le bouquin.Réparer les vivants : Photo

       La deuxième chose qui m’a gênée c’est l’écriture de l’auteur. J’ai passé un moment à me demander pourquoi je n’arrivais à me concentrer sur ce livre avant de me rendre compte que les phrases sont tout simplement interminables ! Fan de Zola, je suis pourtant amatrice de longues descriptions et de digressions. Mais ici ce sont des phrases inutilement longues qui font perdre toute émotion et toute efficacité au récit. Ce qui est vraiment dommage parce que les mots choisis sont beaux et, bien qu’ils ne soient pas représentatifs de l’ensemble, certains passages m’ont beaucoup plu.

    Je n’aime pas être aussi sévère avec un livre mais plus j’y repense, plus je me rend compte que je n’ai pris aucun plaisir à ma lecture. Sentiment accentué par le fait que j’en attendais beaucoup ! Je peux néanmoins comprendre qu’il ait plu et peut être que ce sera votre cas s’il est dans votre PAL !

    N’hésitez pas à me donner votre avis si vous l’avez lu ou si vous avez vu l’adaptation 🙂 !

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23 réflexions sur “Parlons bouquin : Réparer les vivants

  1. Mince alors, moi je déteste Zola mais j’ai adoré l’écriture de Kerangal. Le rythme qui mime le battement cardiaque, j’ai trouvé ça extrêmement fort et poétique. C’est l’un des rares textes contemporains dont certains passages me soient restés en tête après la lecture. Et j’ai également été bouleversée, je me souviens en particulier d’avoir ressenti une grande empathie pour la copine de Simon. Le seul point sur lequel je te rejoins, c’est qu’on voit peu le receveur.

    Aimé par 2 people

        1. Oui les lectures scolaires c’est pas ce qu’il y a de mieux comme approche en général :/
          Maupassant est justement un auteur que j’ai étudié et je n’avais pas particulièrement accroché mais j’étais en quatrième, il faut que je retente l’expérience 🙂 !

          Aimé par 1 personne

  2. Ça me rassure de voir que tu as eu le même ressenti que moi :’) En plus, j’adore aussi Zola, mais là c’étaient juste des accumulations de mots vaguement séparés par des virgules… Je me suis ennuyée et j’ai abandonné bien avant toi, dès le troisième ou le quatrième chapitre ! ^^ Tu comptes voir le film ou pas ? Je me tâte parce que je me dis que ça pourrait me réconcilier avec l’histoire qui a l’air pas trop mal dans le fond 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Moi j’ai beaucoup aimé ce roman, et en particulier l’écriture. Les phrases qui n’en finissent pas sont pour moi comme ce coeur qui continue de battre de manière très rythmée, avec au bout, le désespoir pour certains, la promesse d’une vie pour d’autres. Cela dit, concernant l’émotion, je comprends ce que tu veux dire car le récit est froid et clinique. C’est le premier livre que je lis de cette auteure, mais j’en lirai sûrement d’autres, pour voir justement si le style est différents. J’espère que ttes prochaines lectures te plairont davantage 😉

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  4. Je n’ai pas lu ce roman, j’ai commencé par Corniche Kennedy que j’ai beaucoup apprécié sauf la fin qui, je trouve, gâche un peu le livre, on se demande pourquoi elle nous a emmené vers cette fin. Mais j’avoue que la plume est assez spéciale et qu’elle ne peut pas plaire à tout le monde.

    Aimé par 1 personne

  5. J’ai eu énormément de mal avec le style aussi au début… Je me perdais littéralement dans le dédale de mots ! Alors je te comprends amplement.
    En revanche pour ma part, j’ai réussi ensuite à accrocher et j’ai été bouleversé par cette lecture 🙂

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  6. Je trouve intéressant qu’un roman divise autant et avec des avis si radicaux : soit la lecture passe, soit la lecture casse.
    J’ai de mon côté été très touchée par la puissance poétique des mots qui ne tombent jamais dans le pathos mais donnent à voir avec humanité. Et comment l’auteure en parlant de la mort arrive à faire un hymne à la vie!

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  7. Hey 🙂
    Comme toi j’ai été déçue par ce bouquin… Je viens de le terminer…
    Honnêtement j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, les phrases étaient belles mais ne transmettaient aucune émotions… comme tu dis c’est un roman qui aurait du nous émouvoir et comme toi je n’ai absolument rien ressenti…
    A bientôt peut-être! 🙂

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